👩‍🔬 L’opĂ©ration

Entre temps, je fais ma vie, le travail saisonnier, les collègues trop sympas, et un peu les vacances aussi. Les vacances, c’est aussi la famille, donc dĂ©but aoĂ»t, anniversaire de ma mère, on dĂ©cide de faire un super tour en bateau sur le Bassin d’Arcachon. Il fait beau, le ciel est bleu, les oiseaux chantent, bref tout va bien. J’ai un peu mal au ventre mais bon.

Le lendemain, vacances again, il fait moins beau, le ciel est gris et je dĂ©cide de manger une part de flan parce que c’est le goĂ»ter (on ne change pas une Ă©quipe qui gagne). Entre temps, j’avais eu un spasme au ventre mais qui s’Ă©tait envolĂ© aussi vite que mon dernier amour de vacances . Je mange donc mon flan comme convenu.

Quelques minutes plus tard, je sens une douleur au ventre, une sorte de spasme qui me prend, je dĂ©cide donc de m’allonger. La douleur ne part pas, et prend tout le ventre, le bas-ventre et l’estomac. Ma mère vient me voir. « Non ça ne va pas du tout lĂ  ». Vomissements sur vomissements, douleurs sur douleurs, on appelle le mĂ©decin de garde qui vient aussi vite que possible (c’est Ă  dire pas aussi vite que ça, surtout quand tu souffres le martyre). On lui parle de mes examens, elle soupçonne une rupture de kystes. On appelle l’ambulance.

Toujours dans l’ambulance donc, toujours en souffrance aussi (je n’ai pas pris d’anti douleurs), brancards et c’est parti pour la clinique « qui s’y connaĂ®t en gynĂ©cologie ». Dans l’ambulance, je souffre toujours, je gĂ©mis, le plus jeune des deux me rĂ©torque « tant que vous ne vous ĂŞtes pas Ă©vanouie, c’est que ça va ». Comment te dire que non, ça ne va DU TOUT en fait. 30 minutes de trajet. J’arrive aux urgences.

On me « range » dans une salle et j’attends. J’attends. 30 minutes, peut-ĂŞtre 1 heure. Le temps s’Ă©tire. On ne m’a toujours rien donnĂ©. Je souffre toujours. Une infirmière arrive enfin, et me donne les anti-douleurs tant attendus. Je passe ensuite des analyses, un mĂ©decin me dit « mais vos analyses ne sont pas bonnes du tout. » J’imagine le pire, Ă©videmment. En fait, j’ai une grosse infection. Je passe ensuite une Ă©chographie. Rupture du kyste de l’ovaire droit. On opère demain matin. En attendant, c’est dĂ©rivĂ© de morphine. Je suis Ă  la ramasse mais au moins je dors.

5 heures ? 6 heures ? Je ne sais plus. Direction la salle d’opĂ©ration, on m’y emmène et on m’y endort, et bien entendu les jambes Ă©cartĂ©es, comme chez le gynĂ©co, sauf que lĂ  tu t’endors comme ça. Comment dire que. J’Ă©tais pas confort, j’avoue.

RĂ©veil, peut-ĂŞtre 2 heures plus tard. Impossible de bouger, une douleur diffuse me prend le corps. Plus je me rĂ©veille, plus j’ai mal. Au bas-ventre bien sĂ»r mais aussi au ventre, vraiment. Dans un demi-sommeil, on me ramène dans ma chambre. Ma famille arrive un peu après mais je suis lĂ  sans ĂŞtre lĂ . Je somnole entre deux discussions. Puis le chirurgien arrive en fin de journĂ©e

J’ai eu une coelioscopie (chirurgie mini invasive, je n’ai que 3 petites cicatrices presque invisibles Ă  l’oeil nu). Il m’explique la rupture de kyste. Il m’explique aussi l’infection. J’ai le pĂ©ritoine (la membrane qui tapisse l’intĂ©rieur de l’abdomen, le pelvis et les viscères) qui s’est rompu suite aux cellules d’endomĂ©triose qui avaient migrĂ© jusque dans mon estomac. La douleur et l’infection, c’Ă©tait ça. Il m’explique aussi que le kyste de l’ovaire Ă©tait vraiment gros, du coup, il ont enlevĂ© une partie de mon ovaire droit. J’ai un ovaire et demi dĂ©sormais.

Ensuite, il y a aussi des adhĂ©rences entre le rectum et l’utĂ©rus, qui n’ont pas Ă©tĂ© totalement enlevĂ©es car c’Ă©tait compliquĂ© et dangereux. Les traitements hormonaux devraient seulement rĂ©duire les adhĂ©rences restantes.

J’ai donc une endomĂ©triose sous pĂ©ritonĂ©ale profonde, dont les cellules se trouvent au niveau du pĂ©ritoine, mais aussi le rectum et l’utĂ©rus, avec, des kystes aux ovaires (retirĂ©s Ă  l’opĂ©ration) et l’adĂ©nomyose dans les tissus utĂ©rins.

Au final, je n’avais pas tant de symptĂ´mes que ça, mais il faut savoir que l’intensitĂ© et la pluralitĂ© des symptĂ´mes ne sont pas significatives dans le type de diagnostic, c’est-Ă -dire qu’il est possible d’avoir peu de symptĂ´mes avec une endomĂ©triose profonde et Ă©tendue (comme moi) ou avoir des douleurs très intenses avec une endomĂ©triose simple et localisĂ©e (par exemple, qui peut se manifester seulement par des kystes d’endomĂ©triose).

Bref, je dois entrer en mĂ©nopause artificielle pendant 6 mois (injection unique d’Enantone) suivie d’un traitement hormonal ou pilule jusqu’Ă  ce que j’ai un projet de grossesse, avec une reprise du traitement après la grossesse bien entendu. Sachez que la grossesse NE GUERIT PAS l’endomĂ©triose, elle l’attĂ©nue le temps de gestation. Il s’agit d’une maladie incurable aujourd’hui, qui se contrĂ´le par le biais d’un traitement hormonal et Ă©ventuellement de chirurgies. Bref, autant dire que je suis ravie, je dois prendre la pilule Ă  vie, moi qui ne la supporte pas. Je ferai un article spĂ©cifique qui fera l’objet des traitements hormonaux.

On dit que le corps se remet mieux d’une cĹ“lioscopie car c’est une petite chirurgie. Le mĂ©decin m’annonce qu’en deux semaines, je serai sur pieds. Ce ne fut bien entendu pas le cas. Le lendemain, on m’enlève le drain, avec une douleur terrible Ă  la clĂ©. Les infirmières essaient en plusieurs fois, impossible. Elle l’enlèvent donc d’un trait, c’est pire. C’est donc une nouvelle vie qui s’offre Ă  moi : je dois rĂ©apprendre Ă  me tenir debout, Ă  me lever bref Ă  faire ma vie. J’essaie de me doucher, et j’ai tellement mal que je pleure dans la douche. Mon corps ne m’appartient plus. J’ai pris 40 ans en une journĂ©e. L’infirmière arrive, me rassure, me dit que c’est normal, que ça prendra du temps mais que j’y arriverai, que je suis courageuse. Je dois aussi manger, mais c’est beaucoup trop difficile, je suis si fatiguĂ©e. Je dois aussi porter des bas de contention car je vais rester allongĂ©e un moment. Je sors de l’hĂ´pital un ou deux jours après l’opĂ©ration. J’ai toujours autant mal Ă  l’endroit oĂą le drain a Ă©tĂ© retirĂ©. Je dors beaucoup, mange peu. Mais je rĂ©flĂ©chis, et je me demande aussi pourquoi j’ai pu avoir ça.J’Ă©cris aussi beaucoup. J’ai repris le travail difficilement et la vie aussi. Maintenant, je ne me considère pas comme malade car ça va. La douleur du drain est toujours prĂ©sente, 5 ans après. J’ai des cicatrices internes que je dois dĂ©tendre en massant. Dès que je prends ou perds du poids, je le sens aussi. Mais j’aurais pu avoir beaucoup, beaucoup moins de chance.

Et vous, avez-vous été opérées ? Dans quelles conditions ? Avez-vous encore des douleurs liées à la chirurgie ?

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